Parmi toutes les rencontres sous-marines faites en Martinique en mars 2019, celles avec les tortues marines de Saint-Pierre ont été particulières. Pour rappel, les tortues marines sont des animaux protégés, menacés d'extinction. En Martinique, elles font l'objet d'un Plan d'Action National.

Le réseau des Tortues Marines de Martinique, en relation avec les scientifiques et les pouvoirs publics, sensibilise sur ces animaux particuliers. Grâce à ce réseau, les déplacements des tortues de Martinique sont suivis, sur la base des observations du public, notamment des plongeurs.

Chaque tortue est identifiable par l'organisation de ses écailles et les traces de griffure : la carapace de tortue est équivalent de son empreinte digitale. Ainsi, sur la base de nos photos, Bernard de l'UCPA Saint-Pierre, véritable passionné, a reconnu et identifié chacune des tortues que nous avons rencontrées. Nos images et nos observations ont été répertoriées, apportant ainsi notre contribution au suivi des tortues autour de Saint-Pierre. En échange, Bernard nous a raconté les anecdotes de vie des animaux que nous avons eu la chance de croiser.

Voici le résumé de ces rencontres.

Le Réseau Tortues Marines de Martinique

Petite tortue verte à Babodi

La première rencontre du groupe avec les tortues a eu lieu dans les Canyons de Babodi. Olivier a filmé une jeune tortue verte assez timide, car très jeune. "Petite tortue verte" est arrivée récemment en Martinique, en février 2018. Elle semble avoir élu domicile dans les Canyons de Babodi :  elle y a été observée déjà 4 fois, ce n'est plus une tortue de passage !

Codebarre

Vendredi matin, sur la Perle, le mâle qui nous accueille à la mise à l’eau se nomme « Codebarre ». Il n'a pas hésité à se faire immortaliser par nos photographes, Guy et Olivier. Il nous a même attendu pour le retour, agrémentant notre palier.

Sa localisation rappelle les chaises musicales. Auparavant, Codebarre vivait au niveau de la Citadelle. Cependant, des lahars (coulées de boues d'origine volcanique) l'ont fait fuir en octobre 2017. Il s'était alors installé sur le site du « Sous-Marin », tout proche de la Perle. Il semblerait qu'actuellement un autre mâle lui dispute sa place à cet endroit de choix. C'est pour cela que l'on rencontre Codebarre sur le site de la perle, d'où il a chassé « Ethan ». Mais ce site est bien moins prometteur en termes d’accueil des femelles de la saison des Amours, à partir du mois de mai...

Korail de feu, une tortue verte de Saint-Pierre

Corail de feu © Olivier G.

« Codebarre » n’était pas seul sur la Perle. Pierre a vu, et filmé, la petite immature qui grandit là depuis 4 ans déjà. Sa première photo date du 27 mars 2015. À son arrivée, sa tête faisait le quart de sa carapace. C’était une toute petite immature qui venanit d’abandonner les grands champs de méduses pélagiques. Elle s’appelle « Korail de Feu », à cause des hydraires qui envahissaient sa carapace à son arrivée. Aujourd’hui, sa carapace est totalement nettoyée, c’est une petite tortue toute propre que l’on peut voir. Toutefois, en fin d’année une sorte de mue / desquamation attaque la partie supérieure de ses écailles. C’est visible chez 20% des jeunes tortues, … ça ne semble pas handicaper leur croissance. La carapace s’assainit lentement au cours des mois suivants.

Choupy, une petite tortue immature

L’après-midi, au Sous-marin, Guy et Olivier ont filmé « Choupy », une petite immature imbriquée qui n’a pas grandit dans le coin de Saint-Pierre. Choupy a commencé sa migration de Grande Fille l’an dernier… Et puis, ne se sentant pas encore trop prête à affronter la vie, elle a décidé de faire une petite pause d’un an du côté de Saint-Pierre. Bienvenue « Choupy », tu vas te plaire sur le Sous-marin !

 

Lunettes, une autre tortue immature

Lunettes © Olivier G.

Toujours sur le Sous-marin, Olivier a photographié « Lunettes », immature aussi. Elle a fait son apparition sur ce site le 21 mars 2014. Elle grandit régulièrement et est en parfaite santé. Au début, « Lunettes » restait un peu sauvage. Elle croisait les plongeurs sans éprouver de curiosité. Pourtant elle n’est pas baguée, et n’a donc pas subi le traumatisme d’une capture. Mais depuis le mois d’octobre 2016, son comportement a complètement changé ! Non seulement elle a réduit sa distance de sécurité à quelques mètres, mais elle s’approche même du plongeur de sa propre initiative ! Elle est à Saint-Pierre depuis presque 5 ans : 2019 sera probablement la dernière année où Lunettes pourra être admirée au Sous-marin, avant d'aller vivre sa vie d’adulte ailleurs, l’année prochaine. Une fois parties, les jeunes tortues ne reviennent plus jamais sur les sites où elles ont grandi. Bonne chance Lunettes !