En ce mois de mars 2019, l'Aqua Paris Plongée a mis le cap sur l'île de la Martinique. Pendant une semaine, 18 plongeurs du club ont eu la chance de découvrir les fonds sous-marin autour de Saint-Pierre. Ils en sont revenus comblés. Voici le compte-rendu de nos plongées à Saint-Pierre en Martinique en mars 2019, en récit et en images !

À terre : le centre UCPA de Saint Pierre

Surplombant la mer des Caraïbes, au pied de la Montagne Pelée, le centre UCPA de Saint-Pierre jouit d’une situation franchement exceptionnelle. Il possède une piscine à débordement qui surplombe la mer des Caraïbes, tout en se situant à quelques centaines de mètres de la mer. Ainsi, une routine s'est installée : après la plongée de l'après-midi, détente à la piscine et ensuite descente au ponton pour profiter des derniers rayons du soleil. Paradisiaque !

Dès notre arrivée, l'accueil est chaleureux et généreux. Les repas sont pris sous un grand toit, à l'extérieur, vue sur la baie de Saint-Pierre, entre les hamacs. Dès le premier jour, nous avons déjeuné en compagnie des baleines qui ont fait une pause dans la baie... Un vrai bonheur !

Sous l'eau, de superbes plongées

Saint-Pierre se situe au pied de la montagne Pelée, et les reliefs montagneux qui entourent la ville se retrouvent sous la surface. Ainsi de nombreux sites de plongée offrent de la profondeur tout en étant proches de la côte. En voici quelques uns.

Les Canyons de Babodi

Les Canyons de Babodi constituent un site très spectaculaire, avec de grandes failles qui descendent au-delà des 50m. Au cours de cette plongée, axée sur l'ambiance et les paysages sous-marins, on passe de faille en faille, pour ensuite passer au-dessus d'un très beau jardin de corail, et enfin remonter sur un grand plateau rocheux. Personne mieux qu'Alexandra, responsable au centre de plongée UCPA, ne sait raconter l'histoire de l'âne Babodi, qui indiquait l'emplacement du site aux plongeurs et dont le nom est resté à la postérité !

La perle et le Sous-Marin

Plus loin au Nord, dans la partie la plus reculée de l'île, se situe le rocher de la Perle. C'est la plus longue navigation au départ du centre (dont la durée reste toutefois raisonnable, autour des 25 minutes). Mais cela vaut le déplacement. En effet c'est l'une des belles plongées de la Martinique ! Un tombant vertigineux entoure le rocher,  il donne à voir toute la faune et la flore aquatique des Antilles. D'ailleurs, il n'est pas rare d'y croiser des tortues : nous avons eu la chance d'en suivre deux. Lieu de chasse des barracudas, le rocher est un endroit où leur observation est assurée. Discrets en début de plongée, ils finissent par s'approcher très près des plongeurs !

À côté de la Perle, un autre site appelé le Sous-Marin est idéal pour la seconde plongée peu profonde, l'après-midi. Là aussi plusieurs tortues sont habituées des lieux. La particularité de ce site est un passage dans un tunnel d'une dizaine de mètres de long, habitat privilégié des poissons machette. Pour cela, il faut être attentif au briefing, ou bien suivre un moniteur connaisseur des lieux, si l'on ne veut pas passer à côté de l'entrée de la grotte !

Le Roraima

L'épave du Roraima est une autre plongée emblématique de Saint-Pierre. Bernard nous conta avec force détails l'histoire de ce bateau cargo canadien. Il brûla pendant trois jours après l'éruption de la montagne Pelée en 1902, avant de sombrer dans la rade de Saint-Pierre. Les membres d'équipage survivants, héroïques, ont dû lutter contre les flammes tout en portant secours aux blessés à bord et à terre. Ils ont pour cela utilisé les blocs de glace stockés dans les cuisines du navire ! Les marins qui ne périrent pas furent secourus par un autre navire, le Suchet. Aucun d'eux n'arriva vivant à Fort de France. Impossible de ne pas penser à cette triste histoire lorsqu'on admire l'épave, sous l'eau.

Aujourd'hui, l'épave gît presque droite sur un fond de 60 m. C'est un grand navire de 120 m de long, et la vue d'ensemble que l'on a depuis la proue, difficile à rendre en photo, nous laissera un souvenir impérissable. Le passage par les coursives donne à voir quelques entrées vers l'intérieur du navire, qu'il serait trop dangereux d'emprunter. En effet, il contient encore des cendres qui risquent de se soulever au moindre mouvement de palme. Plongée profonde, donc courte, nous n'avons qu'une poignée de minutes pour apprécier cette belle épave figée hors du temps. Au bout de 15 minutes, il nous faudra bien vite regagner la surface et entamer les paliers !

L'Amélie

Le Roraima n'est pas le seul bateau ayant coulé lors de l'éruption de 1902 : la veille de l'éruption, une quarantaine de navires étaient mouillés dans la rade de Saint-Pierre. À cette époque, la majorité des bateaux étaient en bois et donc très peu de restes sont encore visibles. Cependant, l'Amélie était un trois mâts en acier. Contrairement au Roraima, l'éruption l'a soufflé dans l'anse Turin. L'épave éclatée en trois débris principaux repose sur un fond de 5 à 12m. Il s'agit donc d'une épave accessible aux N1, pour leur plus grand bonheur ! Les amas de poutres et taules servent d'abris à la vie des Caraïbes avec notamment quelques langoustes, diodons ou poulpes. Les bancs de poissons soldats comme les marignants y sont nombreux. Sans oublier les nombreuses serpentines.

La bio

Sur l'ensemble des plongées, nous avons côtoyé la faune et la flore de la mer des caraïbes. Une belle occasion de mettre en pratique le cours de bio préparatoire sur les Caraïbes. Les éponges sont omniprésentes avec en particulier des éponges tuyau d'orgue, des éponges cratères (comme l'éponge-baril réticulée) ou des éponges-vase fluo. Ces dernières, éclairées de l'intérieur, révèlent une belle couleur rosée. Les éponges accueillent une vie variée avec des crevettes ou des crabes flèches (ou araignées nez pointu). Nous avons pu observer les échinodermes typiques comme l'étoile de mer coussin, des oursins-diadème, des oursins de sable (ou oursin cœur), des comatules ou des gorgonocéphales géants repliés.

Un grand nombre de poissons soldats (marignans) et des chevaliers ponctués de tout age (juvéniles et adultes) sont également présents. Bien entendu les trous regorgeaient de murènes (vertes ou tachetées) ou quelques serpentines. Les poissons coffres (nid d'abeille ou mouton) étaient également au rendez-vous lors de chaque plongée.

Les tortues de Saint-Pierre

Au cours de nos plongées nous avons eu le plaisir de voir de nombreuses tortues, tellement que nous avons créé une page dédiée à ces rencontres. N'hésitez pas à aller visiter la page Les tortues de Saint-Pierre pour en savoir plus.

Saint-Pierre, la ville

Saint-Pierre, ancienne capitale économique de la Martinique, porte toujours les stigmates de la catastrophe du 8 mai 1902 qui détruisit entièrement la ville. Coincé entre la mer et la montagne Pelée, le centre ville est très resserré. On peut y visiter les ruines de l'ancien théâtre et juste à côtéle cachot de Cyparis, prisonnier pendant l'éruption et l'un des rares survivants ! À quelques pas des ruines de l'éruption se trouve un marché couvert et très animé, où nous avons fait quelques emplettes de dernière minute.
C'est donc les valises alourdies de plusieurs bouteilles de rhum vieux, mais surtout des souvenirs plein la tête, que les plongeurs de l'APP ont rejoint l'aéroport de Fort-de-France à la fin de ce magnifique séjour en mer chaude !

Le séjour en images