Qui ne s’est jamais posé la question de savoir quelle paire de palmes choisir devant tous les modèles proposés par les fabricants et revendeurs ? Cette interrogation n'est pas réservée qu'aux débutants.

Le choix des palmes est important. En effet, elles vont conditionner la qualité de notre propulsion ou encore vous donneront l’aisance et l’efficacité face à une situation d’urgence ou imprévue.

La palme universelle idéale n’existe malheureusement pas.

Les palmes, le choix, leur usage

Comme rien n’est simple, cela dépendra de l’usage que l’on en fait ! On ne prend pas le même type de palme que l’on fasse du snorkeling, de la nage en piscine, de l’apnée ou de la plongée bouteille. A chaque pratique ses besoins et exigences !

En snorkeling, on privilégiera des palmes courtes et souples, maniables mais au final assez peu efficaces en termes de propulsion.  En nage en piscine, comme en plongée bouteille pour compenser la perte d’hydrodynamisme, on choisira des palmes plus longues. Pour l’apnée, on privilégiera des palmes longues, souples et maniables, véritables prolongement des jambes.

Le choix du modèle dépendra également du type d’apnée ou de plongée bouteille que l’on pratique, de sa puissance musculaire et de la qualité du palmage.

On peut répartir les grands critères de choix entre :

En résumé

Il n’y a donc pas de palmes idéales et adaptées à tous les types de palmages et d’activités. L’efficacité des palmes dépendra donc de la combinaison technique de palmage, dureté et longueur.

  • Bonne technique de palmage et puissance musculaire : palmes courtes et rigides
  • Moyenne ou bonne technique de palmage mais pas de puisssance musculaire : palmes plus longues et souples
  • Apnée : palmes longues (très) et souples

Choisissez la longueur, la rigidité de vos palmes et la configuration de la voilure en fonction du type de plongée que vous ferez et de votre puissance musculaire.

Enfin, au-delà des aspects longueur et rigidité, les essentiels à retenir :

  • privilégiez le confort et l’ajustement, vous ne devez quasiment pas sentir vos palmes.
  • les palmes chaussantes sont faciles à enfiler et plutôt adaptées à la piscine et aux eaux chaudes.
  • les palmes réglables sont généralement plus adaptées à la plongée sous-marine en milieu naturel, mais nécessitent obligatoirement l’utilisation de bottillons.
  • essayez vos futures palmes avec vos chaussettes ou vos bottillons.
  • n’excluez pas la possibilité d’avoir 2 jeux de palmes un pour la piscine (chaussantes) et un pour la mer (réglables) mais conservez une cohérence entre les 2 en termes de rigidité.

Le truc du Responsable Matériel

Privilégiez les palmes de couleur claire (blanches ou jaunes), ce sont celles qui permettront à votre palanquée de mieux vous repérer sous l’eau !

Quel que soit le modèle finalement choisi, force est de constater que souvent les mêmes modèles se retrouvent sur les bords de bassin ou sur les bateaux, celles-ci ne se distinguant au mieux que par les tailles. Pensez à faire une marque de repérage bien visible sur la voilure ou sur la sangle pour les palmes réglables. Si vous faites le marquage sur la voilure, faites-le recto-verso au marqueur indélébile ou à la peinture. Évitez à tous prix les trous ou les encoches dans la voilure qui influeront nécessairement sur l’efficacité de la palme.



Pour davantage de détails, lire la suite.



 

Le type de fixation

Il existe 2 types de palmes, les palmes chaussantes et les palmes réglables.

Les palmes chaussantes

Les palmes chaussantes (Closed Heeled Fins), classiques, offrent une bonne tenue aux pieds (sous réserve d’être à la bonne taille). Elles peuvent être utilisées pieds-nus ou avec des chaussettes (en tissu ou en néoprène faisant varier les épaisseurs). Elles sont rapides à enfiler, il suffit de les mouiller pour y glisser facilement le pied. Les palmes chaussantes peuvent avoir des voilures plus petites que les palmes réglables, et peuvent donc être moins puissantes que ces dernières, mais certains fabricants proposent les mêmes modèles dans les 2 versions.

En cas d’utilisation de chaussettes, il convient évidemment d’essayer les palmes avec celles-ci.

Les palmes chaussantes sont généralement privilégiées en apnée (et pêche sous-marine), les modèles réglables n’offrant pas un rendement et un confort suffisant. Elles sont également plutôt à privilégier pour un usage en piscine ou pour les plongées en eaux chaudes ou tempérées.

Les palmes réglables

Palmes réglables

Les palmes réglables (Open Heeled Fins), ouvertes au niveau du talon, nécessitent toujours l’emploi de chaussons ou de véritables bottillons (rock boots), permettant notamment une meilleure isolation thermique, et sont donc idéales en eau froide. Elles sont très faciles à enfiler et à retirer dans toutes les conditions (bateau qui bouge, dans l’eau…)

Un autre avantage non négligeable des palmes réglables et des bottillons dotés de semelles est que l’on peut marcher avec son matériel avant de s’immerger (plongée du bord par exemple) sur tous types de surfaces.

En revanche, les palmes réglables sont généralement plus lourdes et rigides que les palmes chaussantes.

Certains modèles de palmes réglables sont dotés de sangles munies d’un système clips à ouverture rapide. On les chausse puis on tire sur la sangle pour la régler. Pour les quitter, il suffit de déclipser la boucle.

D’autres modèles utilisent des sangles extensibles, élastiques ou sous forme de ressort, qui ne nécessitent aucun réglage. Il suffit de tirer dessus pour les positionner derrière le talon et assurer le serrage. Les sangles à ressort se vendent séparément et s’adaptent sur un certain nombre de modèles pour remplacer la sangle d’origine (pas tous néanmoins).

Compte tenu de la nécessité d’acheter des bottillons en même temps que les palmes, le budget des palmes réglables est supérieur à celui des palmes chaussantes. Malgré cela, ce type de palmes est de plus en plus utilisé par les plongeurs loisir car elles peuvent être utilisées dans toutes les situations, y compris en eau chaude, et en toutes saisons.

Il est risqué d’acheter ses palmes (chaussantes ou réglables) sur internet si on n’a pas essayé au préalable et identifié la taille requise dans le modèle et la marque sélectionnés. Lors des essais en boutique, faites attention à ce que les palmes soient à votre taille (en prenant en compte l’épaisseur de la chaussette le cas échéant). Pour les palmes réglables, le pied (chaussé du bottillon) doit aller bien au fond de son logement et l’arrière de la palme doit arriver quasiment au niveau de la cheville, c’est-à-dire qu’à pleine plus que le talon doit ressortir.

Le type de voilure

Il existe actuellement 2 grands types de voilures :

  • les voilures pleines, qui se subdivisent entre :
    • celles à déformation transversale et,
    • celles à déformation longitudinales
  • et les voilures fendues.

Voilures pleines (Paddle Fins)

Une 1ère catégorie concerne les voilures pleines se déformant selon un axe transversal, i.e. se pliant dans le sens du palmage, de haut en bas de manière classique. Elles ont une bonne puissance de propulsion.

Dans cette catégorie, on trouve également des palmes à voilure articulée. Elles permettent de réduire la dureté de la palme sans trop nuire à sa nervosité. Certains modèles de palmes articulées permettent grâce à un système des sandows (power bands) de régler la dureté de la palme. Séduisant en apparence, l’intérêt et l’efficacité de ce type de palmes est discutable.

Une 2nde catégorie concerne les voilures pleines se déformant selon un axe longitudinal, i.e. se pliant sur leur longueur en s’enroulant sur elles-mêmes et en formant une sorte de tuyère expulsant l’eau vers l’arrière. Elles déplacent un plus grand volume d’eau que les précédentes et sont de ce fait plus puissantes.

Voilures fendues (Split Fins)

Les fabricants se sont rendu compte que sur les voilures pleines se déformant selon un axe longitudinal, une partie de la colonne d’eau évacuée par la tuyère centrale ne contribuait pas ou peu à la propulsion mais générait au contraire une certaine résistance, source d’efforts. L’idée fut donc de fendre partiellement la voilure de ces palmes dans le sens de la longueur en leur milieu. Cela améliore la poussée en réduisant l’effort et permet un palmage plus facile et rapide.

Certains voient par ailleurs dans les voilures fendues un véritable avantage en termes de physiologie ostéo-articulaire et musculaire. La fente médiane permet de stabiliser la palme en réduisant les mouvements latéraux de celle-ci et permet à la cheville de travailler de manière plus harmonieuse en sollicitant au minimum les ligaments concernés (plus de détails ici).

 

Palmes longues ou palmes courtes ?

 

 

La longueur des palmes dépendra de la forme physique, de la puissance musculaire, du type et de la qualité du palmage du plongeur.

En effet, la puissance propulsive dépend de la combinaison du triptyque type de palmage/longueur de la palme/rigidité de la palme.

Plus la palme sera courte et rigide, plus elle demandera de la puissance musculaire et une bonne technique de palmage (amplitude et absence de pédalage notamment).

Plus la palme sera longue et souple, moins elle nécessitera de puissance musculaire et tolérera un palmage perfectible.

A palmage et rigidité équivalents, une palme longue développera un rendement propulsif supérieur à une palme courte. En revanche, une palme courte fera plus travailler l’ensemble musculaire bas (ceinture abdominale, dos, fessiers, les cuisses, mollets,…) et le cœur.

Les palmes d’apnée sous particulièrement longues et ne sont pas adaptées à la plongée bouteille.

Au début, dans une perspective de pratique de la plongée ou de l’apnée, on commencera en évitant les palmes courtes rigides (plutôt réservées à la plongée Teck ou aux très bons palmeurs). Et on privilégiera des palmes de plongée (pas d’apnée) plus longues pour un meilleur rendement propulsif et contraignant à des mouvements plus lents et plus amples, ainsi que pour une meilleure glisse.

La dureté et la nervosité

Du type de voilure et du(des) matériau(x) utilisé(s) dépendront la dureté de la palme, c’est-à-dire sa capacité à se déformer sous la contrainte, et la nervosité de celle-ci, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle elle reprend sa forme initiale.

Il existe en fonction des modèles de palmes de plongée divers types de dureté selon le niveau de pratique et la morphologie:

  • Débutant / Petit/Souple/Soft
  • Intermédiaire / Moyen/Medium
  • Confirmé / Grand/Dur/Strong

Un modèle souple apporte du confort. Au contraire, un modèle rigide optimise la transmission de l’effort vers la voilure et donc la propulsion dans le cadre d’un palmage techniquement maîtrisé.

Plus les palmes sont longues et rigides, plus elles sont puissantes mais sollicitent aussi plus intensivement le système musculaire. Elles nécessitent une bonne technique de palmage.

Les débutants commettent souvent l’erreur de palmer en pliant trop les genoux ou en pédalant. Le mouvement idéal implique de partir des hanches et de plier légèrement les genoux. Or cela peut s’avérer compliqué au début avec des palmes trop rigides. Une voilure rigide procurera une fausse impression d’efficacité et rendra difficile l’apprentissage par manque de puissance musculaire. En revanche, douleurs et crampes assurées…

Au contraire pour les plongeurs ayant une bonne technique de palmage et une bonne puissance musculaire dans les jambes, des palmes souples risquent de donner l’impression de pédaler sans avancer…

Il peut être opportun de débuter avec une voilure relativement souple qui implique une certaine longueur, laquelle pourra être conservée un certain temps car leur efficacité progressera en même temps que la technique de palmage. Une fois acquises la technique et la puissance musculaire permettant d’envisager une voilure plus rigide, vous pourrez toujours faire don de vos palmes au club ou les revendre à un débutant dans le besoin.

Les matériaux

La plupart des palmes disponibles et proposées par les fabricants et distributeurs sont en plastique. C’est le matériau à privilégier pour la plongée bouteille. Le plastique, bien que non écologique, a un gros avantage : sa solidité. Si vos palmes sont destinées à trainer au fond du bateau, c’est l’idéal. Visualisez ici le mode fabrication des palmes plastiques.

Le plastique est également indiqué pour les apnéistes débutants. Mais comparé à des palmes en fibre de verre et/ou fibre de carbone, il présente l’inconvénient d’un certain manque de souplesse et de l’augmentation de sa rigidité avec le froid.

Pour les apnéistes, bien que beaucoup plus fragiles, les meilleurs matériaux sont la fibre de verre et la fibre de carbone, la fibre de verre alliant la souplesse en flexion et la réactivité en retour tout en restant légère.

Sous réserve qu’elle soit bien travaillée et ne soit pas trop épaisse, la fibre de carbone offre le summum de la réactivité et de la légèreté. Le seul inconvénient des palmes carbones est une mauvaise résistance à l'abrasion et aux chocs, et par conséquent une plus grande fragilité. Pour des raisons notamment de coût, les palmes seront plutôt constituées d’un mixte fibre de verre et fibre de carbone. Plus il y a de carbone dans la palme plus celle-ci sera nerveuse, légère et performante.

Côté entretien, quel que soit le matériau, comme pour le reste du matériel de plongée, les palmes doivent être rincées à l’eau claire et mises à sécher à l’ombre.