Le masque de plongée fait partie des premiers achats dans la vie d’un plongeur, avec les palmes et le tuba.

Il s’agit d’un équipement à ne pas négliger qui peut être source de confort et de plaisir ou, à l’inverse, l’élément qui gâchera régulièrement vos plongées.

On trouve une multitude de masques de plongée sur le marché et le choix n'est pas forcément simple. A chaque activité correspond son masque. Les masques de snorkeling, d’apnée, de pêche sous-marine ou de plongée bouteille ne sont pas les mêmes et correspondent à des impératifs et contraintes différents. Le masque de plongée se compose de 5 parties essentielles :

  • le cadre,
  • la jupe,
  • la poche du nez,
  • la sangle et,
  • le(s) verre(s).

Le cadre et le volume

Le cadre est l’élément central du masque sur lequel viennent se fixer la jupe, la sangle et le(s) verre(s). C’est également le cadre qui détermine la forme des verres, en grande partie le champ de vision et le volume du masque.

Il existe des masques emprisonnant des volumes d’air plus ou moins importants. Un grand volume offrira généralement un plus grand champ de vision, sera plus lumineux, mais sera aussi plus difficile à vider en cas d’entrée d’eau. Il faudra y mettre plus d’air pour éviter le fameux plaquage de masque.

Physique et pression obligeant, souffler dans le masque pour l’équilibrer ou le vider requiert de l’air. En apnée iI est possible d’optimiser l’air qu’on utilise pour équilibrer nos espaces aériens (dont le masque) en optant pour un masque à petit volume. Moins d’air pour équilibrer le masque signifie plus d’air dans les poumons….

En plongée bouteille, l’économie d’air est moins cruciale et le confort de la luminosité et d’un grand champ de vision est un luxe abordable.

En bref :

Les masques à petits volumes d’air : Ils sont parfaits pour l’apnée et la pêche sous-marine car moins d’air sera utilisé afin d'équilibrer le masque lors du plaquage sur le visage.

Les masques à grands volumes d’air : plus adaptés au snorkeling et à la plongée bouteille, ils revêtent des verres de plus grande dimension, voire des verres latéraux, et offrent une vision améliorée grâce à plus de lumière et un champ de vision élargi.

La jupe et la poche de nez

La jupe est la partie la plus importante d’un masque de plongée car elle est à l’origine de son étanchéité. Souvent la jupe est constituée de deux matières, dont le silicone plus souple, plus étanche et qui permet de ne pas blesser le visage.

A chaque morphologie correspond un type de jupe permettant un confort optimum et l’absence de fuites.

Par ailleurs, c’est avant tout la distance entre le verre et l’œil qui conditionne le champ de vision : plus cet espace est court, plus la vision est large (effet couloir de la jupe).

Jupe noire ? Jupe transparente ?

Certains ne jurent que par la jupe noire du masque et d’autres sont des adeptes de la jupe transparente, souvent plus photogénique. Comment choisir ?

La jupe transparente est peut être préférable pour les personnes qui ne veulent pas se sentir oppressé par un masque dont ils n’ont pas l’habitude. Plus de lumière arrivant depuis les côtés, l’effet couloir provoqué par la jupe est réduit. Les masques transparents élargissent dans une certaine mesure le champ de vision dans le sens où l'on peut distinguer des choses à travers la jupe. Attention, néanmoins, les jupes transparentes ont pour principe de laisser passer la lumière latérale, pouvant ainsi éblouir le plongeur. Par ailleurs, en vieillissant, la jupe transparente jaunit.

Masque avec jupe transparente © Bruno FM

 

La jupe noire est appréciée par les photographes sous-marins pour réduire les éblouissements, les jupes noires filtrant la lumière du jour, et permettant au plongeur de voir de façon plus nette. De même, elle est particulièrement adaptée aux pêcheurs sous-marins et permet de focaliser son attention sur ce que l’on vise sans être gêné par les reflets du soleil près de la surface.

Masque avec jupe noire © Bruno FM

La poche de nez

Il est fondamental de choisir un masque dont la forme permet l’accès aisé à la poche du nez pour pouvoir le pincer de manière à équilibrer par la manœuvre de Valsalva notamment. Pensez à l’épaisseur des gants !

Vous veillerez également à ne pas choisir un masque avec une poche de nez trop petite. Plonger avec le bas du nez en contact permanent avec le masque devient rapidement insupportable.

Attention, certaines marques ont eu l’idée (mauvaise ?) de mettre des purges dans certains de leurs modèles pour faciliter le vidage de masque. On atteint les limites de l’inclusion sociale… évitez ce gadget et apprenez à faire des vidages de masque efficaces !!!

Le(s) verre(s)

Les masques de loisir que l’on trouve souvent l’été dans les supermarchés ne conviennent généralement pas à la plongée. Oubliez le masque de plage des enfants ! Pour des raisons de sécurité, le verre doit être trempé.

Le verre peut être simple (mono-verre) ou double (bi-verres).

Masque avec mono-verre © Bruno FM
Masque avec 2 verres © Bruno FM

Il existe des masques avec des retours latéraux qui permettent d’élargir le champ de vision, mais ces entrées de lumières supplémentaires peuvent causer des reflets sur la vitre principale. Ces masques présentent également des volumes souvent plus importants.

Bi ou mono?

Le masque mono-verre permet d’avoir un champ de vision dégagé en absence de jonction centrale du cadre entre le front et le nez.

Certains fabricants ont même relancé la fabrication de masque mono-verre ronds offrant un champ de vision optimal avec un effet vintage assuré !

Masque rond Vintage

Le masque bi-verres, composé de deux verres indépendants, présente l’avantage d’un volume d’air plus petit et une purge de masque plus facile.

A noter cependant que le point de jonction en plastique du cadre entre les 2 verres sur les masques bi-verres peut être source de gêne. En effet, certaines morphologies présentent une jonction frontale entre le front et le nez légèrement avancée (prolongement des arcades sourcilières). Avec la pression de l’eau sur le masque, il se peut que ce point de contact devienne très inconfortable. Dans ce cas, privilégiez un masque mono-verre. Lors de l’essayage du masque, le mieux est de le poser sur votre visage et de pousser légèrement sur ce point entre les yeux.

En termes de teintes, il existe 3 types de verres : le verre transparent standard, le verre miroir doré conçu pour améliorer la visibilité en eaux troubles et le verre miroir argenté qui réduit les reflets en eaux peu profondes.

Corrections visuelles

Plongée et lentilles correctrices ne font pas bon ménage dans la mesure où ouvrir les yeux sous l’eau avec des lentilles, en piscine notamment, expose le plongeur à des risques d’infections et d’irritations. Pour cette raison, et faute de pouvoir garder ses lunettes de vue dans le masque, plusieurs solutions, plus ou moins économiques peuvent être envisagées.

1ère solution, faire faire un masque à sa vue est la solution technique la meilleure mais la plus onéreuse comme tout sur mesure (en fonction de votre vue compter environ 200-300 euros). En fonction des corrections requises ce type d’investissement ne se justifie pas nécessairement.

2ème solution moins onéreuse, plusieurs fabricants proposent pour les masques bi-verres des verres correcteurs, généralement par demi-dioptries. Si votre correction entre dans le cadre de ces valeurs de correction simplifiées (myopie ou presbytie simples), alors il est possible de s’équiper d’un masque à votre vue pour un budget global de 120-150 euros (masque compris). En revanche, si il faut ajuster la presbytie et la myopie et/ou que de l’astigmatisme vient s’ajouter, la nécessité de verres progressifs imposera alors d’avoir recours au sur mesure…

Les masques bi-verres sont les seuls à permettre l’utilisation de ces verres correcteurs « fabricants », mais tous les modèles n’acceptent pas de tels verres. La correction positive corrige votre presbytie, la correction négative la myopie. Pour la presbytie, les corrections ne s'appliquent que sur la partie basse du verre, ce qui permet de conserver vision proche et lointaine.

Enfin, 3ème solution encore plus économique pour les presbytes : les demi-lentilles adhésives souples à coller sur le masque ordinaire (20-30 euros). Pratique, adaptable et pas cher, il suffit de "ventouser" les demi-lentilles loupes à l'intérieur de votre masque, inutile d'en acheter un nouveau ! Elles sont en effet adaptables sur tous types de masques, il faudra simplement faire attention au vidage de votre masque et au rinçage de celui-ci car elles ne sont maintenues que par capillarité au moyen d’un film d’eau. Ce système de fixation permet de les réutiliser à volonté (ce qui permet également d’en ajuster la hauteur).

Lentilles adhésives pour masque © Bruno F.M.

La sangle

Le masque doit être muni d’une sangle ajustable et verrouillable. La sangle doit être large pour être confortable, rester en place et bien maintenir le masque tout au long de la plongée.

Il s’agit d’une sangle de maintien et n’est pas destinée à participer à l’étanchéité. Au contraire, trop la serrer sera source d’entrées d’eau par déformation de la jupe. Il convient de vérifier si on peut la changer facilement. Une sangle qui casse ça arrive... En avoir une de rechange, qui se remplace rapidement, pourra vous sauver une plongée.

La sangle textile est adaptée aux cheveux longs et évite de les accrocher lorsqu’on plonge sans cagoule, mais est moins précise pour ce qui concerne le réglage et n’est pas remplaçable rapidement. La sangle en silicone qui peut être revêtue d’une protection en néoprène, en tant que de besoin, peut offrir une grande précision de réglage.

La sangle s’attache au masque par l’intermédiaire d’une boucle de réglage en plastique. Il s’agit d’une pièce susceptible d’être remplacée en cas de casse. Cette pièce de rechange n’est cependant pas commercialisée pour tous les modèles et toutes les marques, ce qui milite pour choisir un modèle pas trop confidentiel.

En fonction des modèles, la boucle est fixée sur la jupe ou sur le cadre. Ce dernier positionnement est le plus courant. Notamment dans ce cas, il convient de choisir une boucle pivotante pour des raisons de confort et de solidité. La fixation sur la jupe facilitera quant à elle le pliage du masque, notamment pour le glisser dans la poche de stab.

Préparation du masque

Les masques neufs ont, sur la face interne du(des) verre(s), les résidus d’une fine pellicule de silicone issue de leur fabrication. Il faut absolument enlever cette pellicule avant la première utilisation, sous peine d’avoir de la buée en permanence.

2 techniques pour enlever cette pellicule : par brûlage avec un briquet ou par lavage/trempage avec un produit détergent (produit vaisselle ou dentifrice). Attention lors du brûlage à ne pas bruler la jupe du masque, un passage rapide suffit. Si vous utilisez un détergent, frottez bien la surface du verre et laissez tremper dans de l’eau chaude pendant une nuit avant rinçage.

Ce traitement préalable à l’utilisation du masque est une condition nécessaire mais non suffisante. Il n’évitera pas les nécessaires traitements préalables avant chaque plongée, sur masque sec, avec un produit anti-buée, dont le moins cher et inépuisable reste la salive !

Essayage du masque

Tous les masques ne conviennent pas à toutes les formes de visage. Faites attention que le milieu du masque bi-verres ne vienne pas appuyer sur votre front. Voici quelques étapes de base pour tester un masque :

  • Positionnez le masque contre votre visage en l’appliquant sans passer la sangle, inspirez par le nez, bloquez votre respiration et regardez le sol : si le masque tient tout seul, il est à la bonne taille,
  • Appuyez légèrement avec le doigt entre les 2 yeux en cas de masque bi-verres pour vérifier l’absence de contact,
  • Pointez la bouche en avant comme si vous aviez un détendeur en bouche,
  • Testez le pinçage de nez avec votre masque de plongée et vérifier qu’aucune pliure ne se forme sous le nez (pensez au fait que vous pourriez porter des gants).
  • Vérifiez également que le nez ne fasse pas mal quand la sangle du masque est positionnée,
  • Examinez votre visage. Si vous avez une marque rouge autour des yeux, la sangle est trop serrée et le masque est trop petit pour vous.

Les bons reflexes

Lorsque vous ne portez pas votre masque sur le visage (avant d’entrer ou de sortir de l’eau), portez-le autour du cou, plutôt que sur la tête. Cela évitera de le perdre !

De même, il peut être une bonne idée de garder le masque dans sa boîte ou autour du cou sur le bateau, avant la mise à l’eau, pour éviter qu’un plongeur ne marche dessus et ne le casse par inadvertance …

Pour éviter le développement de champignons (anaérobies) dans le masque (surtout ceux en silicone), ne le rangez pas humide dans sa boîte et/ou percez la boîte de petits trous pour assurer la circulation de l’air.

Le truc du responsable matériel

Lors de l’achat de votre masque, achetez tout de suite une sangle de rechange que vous conserverez avec le masque pour l’avoir toujours à disposition (même sur le bateau !!). Ça peut vous sauver une plongée si la sangle venait à casser au moment de mettre votre masque.

Solution alternative, achetez un masque de secours. Plus onéreuse, cette solution permettra également de dépanner un autre plongeur moins prévoyant. Si au surplus vous avez eu la bonne idée de choisir un masque avec une jupe étroite et souple, vous pourrez même le conserver dans la poche de votre stab (pensez également à le passer à l’anti-buée avant de vous immerger) !!